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02/02/2006, 19h48
Comment se pilote une MotoGP? Voilà une question vraiment intéressante car rarement débatue.
A vrai dire, elle se conduirait comme n'importe quelle moto de course, s'il n'y avait ces aides au pilotage qui en changent l'approche.
Comme plusieurs d'entre vous l'ont écrit, il y a d'abord le shifter qui permet de ne pas interrompre la propulsion par l'usage de l'embrayage lorsque le pilote monte ses vitesses. Pour pouvoir changer de rapport sans que la mécanique ne souffre, il faut que la boîte ne soit plus entraînée. L'avantage de la microcoupure d'allumage est qu'elle est beaucoup plus brêve qu'une fermeture puis une remise des gaz après avoir débrayé, d'où une accélération absolument continue avec un shifter.
Par contre, de par son fonctionnement, il ne sert à rien au rétrogradage.
C'est la gestion du frein moteur qui intervient alors.
Chacun a pu remarquer lors des caméras embarquées l'utilisation de l'embrayage par les pilotes: contrairement à nous avec nos motos de route, les pilotes de MotoGP relachent brutalement l'embrayage au rétrogradage, car ils bénéficient d'une gestion électronique du frein moteur leur évitant le dribble de la roue arrière.
Comme celà a été dit, les pilotes ouvrent les gaz en grand à l'accélération dés les premiers rapports, ce que nous ne pouvons pas toujours faire avec nos sportives de ...150cv, alors qu'ils en ont plus de 250 à leur disposition.
En fait, ils disposent d'une commande d'accélérateur "drive by wire" qui gère la puissance en fonction des critères d'adhérence et d'assiette (et du rapport engagé), limitant le patinage et le cabrage. De plus, l'ouverture des gaz ne se fait pas par une commande linéaire, mais plus ou moins progressivement selon la définition programmée, permettant de gèrer un peu plus facilement l'arrivée des 250cv.
Enfin, n'oublions pas la présence des freins carbonne, dont la puissance croît avec la température, et qui, comme Vermeulen le disait dans une interview la semaine passée, change complètement la manière de freiner et demande réellement une accoutumance.
Toutes ces aides n'enlèvent rien aux mérites des pilotes de MotoGP. Ce sont toujours les meilleurs qui sont les plus rapides.
Par contre, les aides au pilotage leur évitent des chutes lors de leur apprentissage mais aussi pendant un tour chrono vraiment à la limite, ou encore sur la longueur d'une course.
L'assistance électronique limite le nombre des chutes (et leurs conséquences mécaniques et humaines), mais ne fait pas aller nos pilotes vraiment plus vite.
Salut à tous!
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