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Re : Informations en Vrack
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Par défaut Re : Informations en Vrack - 02/12/2007, 07h43

MOTOCYCLISME - TEST MOTOGP CHESTE (ESP)
Coulon - Suzuki: un amour de 31 ans



Stan Perec
En mars 1976, Philippe Coulon (à g.) et le regretté Barry Sheene découvrent leur Suzuki RG500 de GP

L'ancien coéquipier suisse de Barry Sheene reprend du service pour «Le Matin». A 57 ans, le Biennois n'a rien perdu de sa passion. Près de Valencia, l'espace de cinq tours magiques au guidon de la Suzuki MotoGP de Vermeulen, il a pleuré de plaisir
Jean-Claude Schertenleib - 01/12/2007
Le Matin Dimanche

L'amour est complexe, fait de joies et de haines, de passions et de trahisons, de larmes et de plaisirs. C'est ainsi: l'amour entre êtres humains a toujours été complexe. Alors imaginez ce que peut être un amour, une passion, entre un homme et une machine. Une drôle de machine, même, qui ne tient pas debout toute seule; une machine étrange, qui peut un jour vous mener au triomphe et le lendemain au cimetière. Cette machine? Une moto de course, la plus rapide des motos de course. Passion? Joie? Haine? Trahison? Non, retrouvailles: 31 ans après avoir découvert sa première Suzuki 500 semi-officielle, Philippe Coulon, 57 ans, est comme un gamin anxieux devant la GSV-R800 de Chris Vermeulen, une victoire cette saison (GP de France) en MotoGP.
Ah, les belles bacchantes...
Flash-back. On est en mars 1976. Cheveux longs, bacchantes à la Gauloise - il est né à Tours -, costume et gilet, Philippe Coulon force un sourire. A ses côtés, son pote, le play-boy des GP, l'inoubliable Barry Sheene, star de toute une génération; seul pilote... jusqu'à Valentino Rossi, à avoir réussi à faire sortir de son carcan de spécialistes le sport motocycliste. Derrière eux, la Suzuki RG500, la reine des courses d'alors: «123 chevaux au banc d'essai, on n'avait jamais vu ça», rigole le Biennois. A la fin de la saison, le titre mondial pour Barry, une sixième place finale pour Coulon. Dans les douze premiers du championnat, seul le mythique Giacomo Agostini (MV-Agusta) a réussi à s'immiscer à ce qui ressemble alors à une Coupe Suzuki. C'était il y a 31 ans...
Le trac du débutant
Circuit Ricardo Tormo de Valencia, à Cheste, 5 novembre 2007. A 14h précises, Philippe Coulon, qui distribue désormais des équipements pour motards en Suisse, doit être prêt, dans le stand Suzuki. Avec quelques rares invités - Kevin Schwantz, mais aussi le champion du monde 500 en 1987, Wayne Gardner - il va pouvoir tester l'une des meilleures motos de GP actuelles: «J'en ai connu des vertes et des pas mûres durant toute ma carrière. Mais quand tu es là, devant une telle machine, il est impossible de ne pas avoir une grande émotion. Je ne sais pas si c'était le trac, mais en venant vers le circuit, je roulais très prudemment: j'avais tellement peur qu'il m'arrive quelque chose...»
Il ne lui est rien arrivé, à Philippe Coulon. Enfin, si, juste une chose: «La frustration, quand on m'a signalé, après cinq tours, qu'il fallait rentrer. J'avais l'impression d'être dans la peau de celui qui est au lit avec l'actrice de ses rêves et qui, au moment fou... est réveillé en plein rêve!»


«L'électronique? Miraculeux!»
«L'an dernier, pour «Le Matin», j'avais eu le plaisir d'essayer la Ducati Desmosedici 1000. Je me réjouissais donc de découvrir une machine de la nouvelle génération de la classe MotoGP, puisque la cylindrée a été ramenée cette saison à 800 cm3. La différence? La 1000 était plus bestiale, un véritable pur-sang; avec la 800, j'ai eu l'impression d'être sur un cheval de concours complet. La maniabilité est étonnante, et plus encore la souplesse du moteur: jusqu'à 8000 tours/minute, l'impression est la même que sur une 750 routière moderne. Mais après...
»Le plus intéressant, dans cette nouvelle génération de motos de course, c'est le développement de la gestion électronique de la puissance, et c'est certainement aussi ce qui a permis à un «débutant» comme Michael Schumacher le septuple champion du monde de formule 1, qui testait le même jour la Ducati 800, a signé des chronos qui lui auraient permis de se qualifier pour le GP de la veille - de réussir une chose grandiose. La gestion électronique? Lorsque tu ressors d'un virage et que tu tournes la poignée des gaz, la puissance n'arrive qu'au moment où la moto est redressée, pour assurer ainsi en permanence la meilleure traction possible; quand la moto est sur l'angle (réd. penchée), il ne se passe rien. Mais quand le pilote l'a relevée, alors là...
»Mais attention, si tous les motards qui ont une certaine expérience, doivent être capables de quitter le stand et de faire un tour à basse vitesse avec une telle machine, les choses se compliquent quand on va chercher les... dernières six secondes. Personnellement, je pense qu'après deux jours d'essais, je serais capable de rouler à 10 secondes de la pole, à Valencia; mais la suite, c'est un autre chapitre.
»Après cinq tours, il a fallu s'arrêter. J'avais l'impression d'être au paradis. Et quand j'y arriverai, au terme de ma vie, la première chose que je ferai, c'est de parler de cette expérience avec mon pote Barry Sheene. Je suis sûr qu'on rigolera bien... »
Philippe Coulon


mange un castor tu sauves un arbre
   
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