GP D'ITALIE
Tom: 2008, millésime de crise

Image © Stan Perec
Touché, mais pas coulé: Thomas Lüthi est allé à la faute en début de séance. Sans grand mal, comme il le confie ici à son coach, Andy Ibbott
Lüthi huitième des qualifications, malgré une chute, quelques frayeurs... et la poisse, toujours tenace
Jean-Claude Schertenleib - le 31 mai 2008, 21h26
Le Matin Dimanche
Si le Tchèque Abraham n'était pas tombé devant lui dans le dernier tour... Si Tom n'avait pas, en début de séance, été lui aussi à la faute... Avec des «si», on fait beaucoup de choses. Mais on gagne rarement.
En cette journée de folie sur le circuit du Mugello - la piste, nettoyée par la pluie qui est tombée jusqu'en fin de matinée, n'a jamais été aussi rapide -, en ce samedi de chutes nombreuses, Thomas Lüthi n'a pas réussi à sortir de la crise dans laquelle il est plongé depuis le début de la saison.
Main droite touchée
Une chute en début de séance (douleurs à la main droite), deux situations scabreuses sauvées in extremis, un dernier tour prometteur «pourri» par la gaffe d'un adversaire: le Tom de ce dernier jour de mai a ressemblé au Tom 2008. Souvent très proche du bonheur, toujours (à une exception près, sa 4e place du GP du Portugal) frustré au moment de faire les comptes.
Crise? Le principal intéressé réfute la formule, en se basant (c'est son devoir) sur ces détails infimes qui ont transformé son début de saison en année infernale. Reste que ses performances ne sont pas au niveau de ses attentes. Pourquoi?
La communication. «Ne pas parler parfaitement italien quand on est pilote d'usine Aprilia, c'est une seconde au tour qui va manquer»: ce jugement, tenu il y a douze mois par Fiorenzo Caponera, un propriétaire de team deux fois champion du monde... avec Aprilia, prend aujourd'hui tout son relief. Plus qu'un problème de langue, il y a une trop grande différence de mentalité entre un jeune homme né dans un village de l'Emmental et des partenaires italiens aux caractères bien trempés.
La faute à... l'amour?
L'amour. «Depuis qu'il sort avec sa Miss, rien ne va plus»: au Café du Commerce, ce genre de vérités surgit à la première crise. Dans le cas de Tom, elle n'a aucune valeur puisque sa Fabienne... n'existe pas quand il est en course.
La pression. «Si les journalistes le laissaient tranquille, tout irait mieux»: encore une fausse vérité. Tom, alors qu'il n'avait que 19 ans, a parfaitement géré la pression qui a précédé la conquête de son titre mondial. Trois ans plus tard, il n'a pas perdu cette résistance.
La chance. Reste cette fantasque donnée. Et son contraire, la malchance, qui colle aux basques du Bernois. Jusqu'à quand? La vraie question - peut-être la seule explication - est là!
GRILLES DE DÉPART
GP d'Italie. Mugello. 2e journée d'essais.
125 cm3: 1. De Rosa (It), KTM, 1'58''302 (159,608 km/h). 2. Talmacsi (Hon), Aprilia, 1'58''467. 3. Di Meglio (Fr), Derbi, 1'58''490. 4. P. Espargaro (Esp), Derbi, 1'58''572. 5. Gadea (Esp), Aprilia, 1'58''631. 6. Cortese (All), Aprilia, 1'58''658. 7. Smith (GB), Aprilia, 1'58''816. 8. Corsi (It), Aprilia, 1'58''895. Puis: 19. Krummenacher (S), KTM, 2'00''341. 26. Aegerter (S), Derbi, 2'01''799. 38 classés.
250 cm3: 1. Barberá (Esp), Aprilia, 1'52''675 (167,579 km/h). 2. Bautistá (Esp), Aprilia, 1'53''447. 3. Simoncelli (It), Gilera, 1'53''611. 4. Kallio (Fin), KTM, 1'53''635. 5. Pesek (Rép. Tch), Aprilia, 1'53''928. 6. Poggiali (St-M), Gilera, 1'54''244. 7. Debón (Esp), Aprilia, 1'54''271. 8. Lüthi (S), Aprilia, 1'54''376. 23 classés.
MotoGP: 1. Rossi (It), Yamaha, 1'48''130 (174,623 km/h). 2. Pedrosa (Esp), Honda, 1'48''297. 3. Capirossi (It), Suzuki, 1'48''313. 4. Stoner (Aus), Ducati, 1'48''375. 5. Edwards (EU), Yamaha, 1'48''383. 6. Hayden (EU), Honda, 1'48''666. 7. Lorenzo (Esp), Yamaha, 1'48''905. 8. Toseland (GB), Yamaha, 1'49''025. 19 classés.