MOTOCYCLISME - GP DE CATALOGNE
Tom Lüthi: «Toujours faim de victoires»
Image © Stan Perec
Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas pour Thomas Lüthi, seulement 15e des essais d'hier.
Seulement quinzième de la première journée de qualifications, Tom ouvre son coeur. Et ne cache pas que sa tâche est complexe
Jean-Claude Schertenleib - le 06 juin 2008, 23h36
Le Matin
Tom, six jours après avoir éclaté de joie en Italie, vous voilà plutôt abattu. On se trompe?
Je ne suis pas inquiet par rapport à l'écart qui me sépare de ma place «normale», mais bien de ce rang: quinzième, c'est loin, très loin.
Le problème?
Nous n'avons pas encore trouvé la solution technique. Je manque d'adhérence, tout simplement. Et sur ce circuit, ça ne pardonne pas.
Tom, entre nous, votre vie est toujours un rêve?
Mais oui, c'est un rêve d'avoir du succès dans ce job.
Même aujourd'hui?
Les émotions sont toujours là. Ma faim de victoires est même plus forte que jamais.
Cette joie de gamin il y a une semaine: c'était si important, ce podium?
Ce fut surtout un immense soulagement. En passant la ligne, parce que je n'avais pas eu le dernier mot face à Debón, j'ai d'abord dit le mot de Cambronne sous mon casque; puis, je me suis calmé et j'ai compris l'importance du moment.
La pression était tellement importante?
Oui. Parce que, depuis le début de la saison, mes courses ratées se sont toujours jouées sur de très petites erreurs. Moi je le savais, mais ça devenait énervant, pesant. En France, avec Bautistá, nous avons dominé tout le week-end... mais en course, on s'est classés respectivement 11e et 14e, c'était à n'y rien comprendre.
«Mauro Noccioli, mon ingénieur, est Transalpin et il parle anglais... un peu comme moi j'essaie de parler italien»
Thomas Lüthi
Y a-t-il eu un moment où vous avez eu peur pour votre avenir?
Jamais. Je savais que ça allait venir. Alors oui, la semaine dernière en Italie, la chance était avec moi; mais comme elle m'avait oublié jusque-là...
Vous insistez sur l'importance de la communication interne. Le problème, c'est la langue ou une trop grande différence de mentalité entre vous et vos partenaires techniques?
Mais c'est la langue! Désormais, je parle couramment anglais. Mauro Noccioli, mon ingénieur, est Transalpin et il parle anglais... un peu comme moi j'essaie de parler italien. Dans le stress, c'est un handicap. C'est pour cela que j'insiste pour mettre toute mon énergie dans la communication interne.
LES CHRONOS
Montmeló (Esp). Grand Prix de Catalogne. Essais.
125 cm3: 1. Espargaro (Esp), Derbi, 1'51''103. 2. Di Meglio (Fr), Derbi, à 0''208. 3. Talmacsi (Hon), Aprilia, à 0''333. 4. Gadea (Esp), Aprilia, à 0''339. 5. De Rosa (It), KTM, à 0''618. 6. Bonsey (EU), Aprilia, à 0''829. 7. Aegerter (S), Derbi, à 0''873. Puis: 30. Krummenacher (S), KTM, à 3''113. 39 pilotes en lice.
250 cm3. 1ers essais: 1. Bautista (Esp), Aprilia, 1'46''547. 2. Simoncelli (It), Gilera, à 0''208. 3. Barbera (Esp), Aprilia, à 0''217. 4. Pasini (It), Aprilia, à 0''237. 5. Aoyama (Jap), KTM, à 0''309. 6. Debon (Esp), Aprilia, à 0''375. Puis: 15. Lüthi (S), Aprilia, à 1''153. 24 pilotes en lice.
MotoGP. Essais libres (les deux entraînements comptabilisés): 1. Pedrosa (Esp), Honda, 1'43''017. 2. Capirossi (It), Suzuki, à 0''006. 3. Rossi (It), Yamaha, à 0''073. 4. Stoner (Aus), Ducati, à 0''082. 5. De Angelis (Saint- Marin), Honda, à 0''216. 6. Vermeulen (Aus), Suzuki, à 0''351. 18 pilotes présents aux essais.