MOTOCYCLISME
Est-ce bien raisonnable, Tom?

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Le directeur technique du team de Tom Lüthi, Mauro Noccioli, aide le pilote bernois à enlever sa veste imperméable. La déception est grande sur les visages.
Incapable de s'adapter à des conditions particulières en 250 cm3, que peut espérer Lüthi en MotoGP?
Jean-Claude Schertenleib - le 26 juillet 2009
Le Matin
Parce que la moto est sa passion, Thomas Lüthi a tenté d'oublier sa frustration personnelle en regardant «la» course du jour, celle de la classe qu'il va rejoindre en 2010. Il a vu les étincelles lorsqu'Elias et Lorenzo sont tombés. Il a peut-être crié quand Rossi - oui, Monsieur Rossi! - est lui aussi parti à la faute. Il a admiré le sang-froid de Dovizioso, vainqueur pour la première fois dans la catégorie reine. Et la patience de Randy De Puniet qui, si souvent dans un passé encore récent (le GP d'Allemagne, il y a une semaine), s'était emporté. Et puis, Thomas Lüthi a entendu cette phrase sortie de la bouche d'un Colin Edwards rayonnant: «Je ne souhaiterai jamais au pire de mes ennemis de devoir disputer une course dans de telles conditions.» Tom a vu, il a entendu et il a dû se poser la question: est-ce bien raisonnable de vouloir rejoindre la classe MotoGP quand on n'est pas capable de s'adapter à des conditions particulières en 250 cm3?

Ces journaleux........De M.... Fait ton truc Tom et .......................

Il aurait dû tenter le coup
Peut-il rêver à quelque chose d'autre qu'un peu de figuration et de pas mal de retombées médiatiques, alors qu'il n'accepte pas de prendre des risques à l'échelon inférieur? Douzième sur la grille de départ après sa chute de la veille, battu depuis longtemps au championnat, Tom est celui qui aurait dû tenter le tout pour le tout en partant avec des pneus slick (pour le sec) juste striés. Alors oui, il aurait perdu pas mal de temps dans les premiers kilomètres. Mais comme, avec le même équipement que tous les autres, il a encaissé cinq secondes au tour en début de course, «parce que je n'avais pas la moindre sensation. Aucune confiance», le mal était de toute façon fait. La suite, on la devine? Quand Tom a retrouvé un semblant de confiance, «le train était parti sans moi».
Il termine neuvième de la course. Et on ne l'a vu qu'une fois à la télévision: quand, dans le dernier tour, Bastien Chesaux (qui s'était arrêté à son stand pour changer de pneus et qui en est reparti après une trop longue intervention) est revenu sur Tom et l'a passé, histoire d'effacer un des tours de retard qu'il comptait sur lui. Sans panache, Tom, est-ce bien raisonnable de vouloir rejoindre les grands?