Supercross
Rebeaud: «ça va le faire!»

Image © Michel Perret
Mat Rebeaud n’avait pas sauté depuis un certain temps, mais, hier soir à Genève, il a pu s’entraîner sur la piste genevoise.
Après une saison en demi-teinte, le pilote vaudois Mat Rebeaud s’apprête à enflammer Palexpo, dès ce soir à l’occasion du Supercross
Gaëlle Cajeux - le 03 décembre 2009,
Le Matin
Dans la halle de Palexpo, à Genève, tout le monde s’active. Les danseuses répètent leur show en coulisses, tandis que, au bord de la piste, on installe les dernières barrières de protection.
Et, au centre de l’arène, Mat Rebeaud, champion du monde de freestyle en 2008, peaufine la mise en place des rampes qui le propulseront bientôt à près de 10 m de haut. Le Vaudois prend des mesures avec la complicité de son père, puis saute dans une machine de chantier pour égaliser un carré de terre. «Normalement, on fait ça pour moi, glisse Mat Rebeaud en éclatant de rire. Mais ici à Genève, vu qu’on utilise mes rampes, c’est moi qui les installe. Comme ça, si ce n’est pas parfait, je ne peux pas me plaindre, c’est de ma faute.» Superstar dans son sport, Mat Rebeaud reste fidèle à sa cool attitude.
Vous voilà de retour en Suisse…
Et c’est top d’être là! Chaque année, il y a une superbe ambiance au Supercross. J’y ai d’excellents souvenirs, notamment en 2003 quand j’ai fait mon premier backflip. C’est ça qui a lancé ma carrière et qui m’a fait passer du côté des bons pilotes.
Avez-vous préparé des sauts inédits pour votre public?
Oui, que des figures spéciales, que du lourd (il rit). Mais je ne peux rien dire c’est top secret, il faut attendre ce week-end…
Vous n’avez plus sauté depuis un petit moment…
Ouais, ça fait trois semaines. Je suis tombé en Espagne, une bonne chute, et du coup je ne suis pas reparti aux Etats-Unis, je suis resté en Suisse. Mais le temps était juste exécrable, du coup je n’ai pas pu sauter. Mais c’est cool, maintenant (ndlr.: hier soir) je vais pouvoir m’entraîner un peu et ça va le faire!
Une nouvelle chute? Décidément, ce n’est pas votre année!
C’est une mauvaise saison. Je fais 3e aux X-Fighters et 4e aux X Games et c’est vraiment la pire place. Après l’année dernière qui a été parfaite, celle-ci n’a pas été terrible. Mais on arrive au bout et en 2010 ça va chier (il rit).
Je pensais surtout à votre accident, en août aux X-Figthers de Londres…
C’était pas de bol. Un clou s’est planté dans mon pneu en finale! J’ai crevé, je suis tombé et j’ai fini 3e. Alors que, si je gagnais Londres, je remportais le championnat et tout était parfait. C’est ça qui est dur dans le sport: en quelques secondes tu peux tout perdre. Mais bon, voilà, je n’ai rien de cassé…
Et votre entaille au menton, qui vous a valu cinquante points de suture?
On ne voit déjà plus rien. Ç’aurait pu être pire.
Ça ne vous a pas un peu refroidi au moment de remonter sur la moto?
Non, car ce n’est pas la première chute et ce ne sera pas la dernière. Je suis conscient que je peux me faire mal, mais j’essaie d’être un maximum concentré et superbien entraîné, et si je ne fais pas d’erreur je ne dois pas tomber. Evidemment le risque zéro n’existe pas.
Comment abordez-vous la saison 2010?
Je vais changer ma préparation. L’an dernier, je suis parti aux Etats-Unis quatre mois, ensuite la saison a commencé et j’étais tout le temps sur la route. J’en ai trop fait et j’ai ressenti une fatigue générale. Cette fois, je vais essayer de rentrer une semaine par mois en Suisse pour être avec ma famille, ma copine. J’ai remarqué qu’être à la maison me donne encore plus de motivation.