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Re : Informations en Vrack
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Par défaut Re : Informations en Vrack - 20/06/2010, 05h10

MOTOCYCLISME

Dire qu’il aurait pu être un Bleu!


Image © Keystone
Qualifié en première ligne hier, Randy De Puniet dit ne jamais avoir regretté son choix de carrière.

A sa cinquième saison en MotoGP, le Français a passé un cap important. Hier, il a été étincelant
Jean-Claude Schertenleib - le 19 juin 2010, 22h25
Le Matin Dimanche



Les bonnes formules ont ceci de formidable qu’on peut les adapter à l’envi. Alors, on ne va pas se gêner et lancer: «Ne dites surtout pas à ma mère que je suis un joueur de l’équipe de France de football, elle croit toujours que je suis pianiste de jazz dans un bordel!» Dans son luxueux motor-home installé dans le paddock de Silverstone, à une centaine de kilomètres au nord ouest de Londres, Randy De Puniet ressasse inlassablement cette phrase qui aurait pu le concerner au premier chef. On est en 1996, Randy, la gueule parfaite du petit titi parisien, est approché par des recruteurs du centre de formation du PSG, le grand club de foot de la capitale, impressionnés par l’aisance du jeune homme, ses bonnes dispositions, son explosivité sur le milieu gauche du terrain.
Mais Randy est né dans une famille de motards et, déjà, ses premières tentatives sur des circuits se sont soldées par des résultats prometteurs. Il ne sera pas footballeur, il sera pilote professionnel. «Et je n’ai jamais regretté mon choix», rigole-t-il. Il est aujourd’hui «le» Français dont on parle, le porte-drapeau d’une discipline qui a toutes les peines du monde à exister dans les médias de l’Hexagone. Mais il n’a pas oublié sa passion première. Alors, il ne manque pas un match; pas plus qu’il n’a raté, vendredi soir, les «Guignols de l’info», sur Canal. Et Randy, le puriste, a apprécié; oh, pas le jeu des Bleus, non, mais bien les critiques, acerbes, emplies de fiel, parfois franchement méchantes, qui se sont abattues sur ses compatriotes. Et dire qu’il aurait pu être un Bleu!
La patience, mère de bien des vertus
Vingt-neuf ans depuis le 14 février dernier, Randy De Puniet a mûri. A sa cinquième saison en MotoGP, il a même passé un cap important cette année, le fruit d’un travail de fond. Athlète affûté, pilote au talent naturel, De Puniet a longtemps cultivé l’image du gars rapide qui n’arrive pas à concrétiser. Du gentil, trop gentil parfois dans cette jungle. Un brave gars, qui n’avait pas d’ennemis, parce qu’on ne peut pas ne pas être copain avec lui. Depuis l’arrivée à ses côtés de son compatriote Yves Demaria, trois titres mondiaux en motocross, le Parisien a changé. Moins dissipé, plus concentré, il ne rate désormais plus ses départs. Et il commet de moins en moins de fautes en course. A Silverstone, sur un tracé que tout le monde découvre, il prend son pied; à l’aise dès les premiers essais, il a longtemps occupé la meilleure des positions hier après-midi, avant d’être victime d’une chute dans son ultime tentative, alors que tous les voyants étaient au vert: 3 dixièmes d’avance à mi-parcours sur la pole qui allait devenir définitive de Jorge Lorenzo.
Une longue glissade sur le dos, une grosse contusion à la main, mais, surtout, la déception: celle d’être passé tout près d’un immense exploit: «Déçu? Pas vraiment. Depuis que je suis arrivé ici, je m’amuse, c’est l’un des plus beaux circuits du monde, même si le revêtement y est très bosselé. Là, j’ai peut-être un peu trop poussé, mais je ne regrette rien.»
Il a déjà roulé avec une cheville fracturée
Le Randy d’il y a quelques années aurait piqué une crise, le De Puniet d’aujourd’hui minimise, car il a appris que, dans ce métier où l’on passe du statut de héros à celui de zéro pour quelques millièmes de seconde, la patience restait la mère de bien des vertus: «Je ne veux pas m’emporter. Pour un pilote privé, seule la régularité paie; alors, oui, bien sûr, je rêve d’un podium en course, mais si je ne suis pas le seul. Si je termine dans le top 6, j’aurai fait mon travail.»
Son travail, Randy le fait avec un cœur gros comme ça. Dans sa chute, hier, il s’est assez profondément coupé son pouce de la main droite: «J’ai dû toucher quelque chose. Quand je me suis relevé, mon gant avait éclaté. Et il y avait du sang», raconte le Français, pas plus dérangé que cela par cette blessure qui enverrait la plupart d’entre nous en convalescence pour plusieurs jours. «J’ai déjà roulé avec une cheville fracturée, alors ce n’est pas un doigt douloureux qui va remettre en question quoi que ce soit», rigole De Puniet.
Le feu follet qu’il était s’est transformé en homme. Sûr de lui. Sa vie privée s’est équilibrée depuis qu’il a rencontré Francesca. Sa passion du foot? Intacte. Même s’il ne regrettera jamais son choix. Dire qu’il aurait pu être un Bleu…


mange un castor tu sauves un arbre
   
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