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Re : Informations en Vrack
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Par défaut Re : Informations en Vrack - 06/09/2010, 06h13

MOTOCYCLISME

Le rayon de soleil s’est éteint


Image © Keystone
Coéquipier de Dominique Aegerter, Shoya Tomizawa est tombé après douze tours et a été violemment percuté par Scott Redding et Alex De Angelis.

Shoya Tomizawa, le pilote japonais du team franco-suisse Technomag-CIP, est parti au ciel, alors qu’il n’avait pas encore 20 ans. Mort sur la piste, là où le plus bel avenir lui était promis.
Jean-Claude Schertenleib - le 05 septembre 2010, 22h07
Le Matin



Une image? Son sourire. Un flash? Les petits gestes de la main, qu’il adressait à longueur de journée. Un souvenir? Non, des souvenirs, comme ce retour, dans l’avion de son mentor, Olivier Métraux, depuis les essais de Jerez de la Frontera, en début de saison. Là où, pour la première fois, les observateurs avaient été subjugués par son talent, son aisance. Souvenir encore, le soir de sa victoire au GP du Qatar. Cette nuit-là, Shoya Tomizawa, qui aurait dû fêter ses 20 ans le 10 décembre prochain, ne comprenait pas vraiment ce qui lui était arrivé; que lui, le Japonais encore inconnu de beaucoup, venait d’entrer dans l’histoire, en remportant la première course Moto2 de tous les temps. Alors, on avait beaucoup ri, parce que son équipier Dominique Aegerter s’était juré de lui apprendre le patois bernois. En commençant, bien sûr, par les mots qu’on ne doit pas dire en bonne compagnie.
Au Moléson, il découvre la motoneige
Quelques mois plus tôt, au pied du Moléson, à l’occasion de la présentation de cette équipe mi-suisse, mi-française, Shoya avait non seulement découvert la plus belle des montagnes de chez nous, mais surtout la conduite d’une motoneige. Enfin, conduite, avec lui et Dominique Aegerter, c’était rapidement devenu du pilotage.
Shoya, l’homme qui souriait toujours, le garçon qui voulait apprendre, qui photographiait et filmait les nouveaux endroits où il se rendait pour son métier de pilote, pour partager ensuite ses moments de découverte avec sa famille, est mort hier en début d’après-midi dans un hôpital de Riccione. Tué en course, alors qu’il y jouait les premiers rôles, comme toujours. Victime de la hantise de tous les pilotes: une chute au milieu du peloton et la meute qui fonce, qui normalement évite. Normalement, oui. Ce dimanche 5 septembre n’a pas été un jour normal et Tomizawa a été violemment heurté par un adversaire. Son cœur, qu’il avait si grand, s’est arrêté de battre. Son œuvre, qui n’en était qu’à ses débuts, restera à tout jamais inachevée.
Shoya, très Japonais, un peu Suisse et un peu Français. Car c’est un Français, Alain Bronec, qui l’a découvert il y a deux ans: «Lors du GP du Japon, où il disposait d’une wildcard, j’étais comme toujours au bord de la piste pour observer mes pilotes. Et j’ai vu ce garçon réussir des choses que je n’avais encore jamais vues», explique ce formateur hors pair, discret, mais d’une efficacité redoutable. C’est lui qui va lui donner sa chance, lui proposer de venir tenter l’aventure en Europe. L’an dernier, avec une Honda 250 en fin de développement, il découvre les circuits, et un mode de vie différent. Déjà, il sourit, parfois il tombe, aussi, parce que le métier doit entrer. Mais il réussit quelques jolis trucs, à mettre en rapport, bien sûr, avec le potentiel matériel dont il dispose.
L’explosion est pour cet hiver, avec la découverte d’une toute nouvelle catégorie. «Shoya a une qualité qui va surprendre beaucoup de ses adversaires, c’est qu’il use moins ses pneus que la majorité des autres pilotes. Et dans cette catégorie, ce sera parfois décisif», remarque encore Alain Bronec en début de saison. C’est encore bien vu. Shoya gagne au Qatar, il reste en tête du championnat du monde après Jerez. Le Japon tient son nouveau diamant. Depuis hier, 14 h 20, il brille au ciel.



Misano, 5 septembre 2010, chronique d’un drame

12 h 12, Shoya fait un petit signe Huitième des essais, Tomizawa est installé sur la deuxième ligne. Quand la caméra se porte sur son visage, il sourit et fait un petit signe, parce qu’il est comme cela, Shoya, aussi décontracté dans la vie qu’il est concentré lorsque la course commence.
12 h 21 , il prend la tête L’Italien Iannone ayant anticipé son départ, il est condamné à un passage à allure réduite par les stands. Tomizawa profite de l’aubaine et prend la tête, qu’il conservera pendant trois tours.
12 h 36, le drame Dans la fameuse «cassure» du circuit de Misano – un virage léger en pleine ligne droite –, où les Moto2 sont chronométrées à près de 230?km/h, c’est le drame. Le Français Jules Cluzel, qui suit Tomizawa, De Angelis et Redding, raconte: «Au moment où Shoya a effleuré la poignée des freins, il a perdu le contrôle de sa roue avant; sa moto s’est mise en travers, De Angelis et Redding n’ont rien pu faire. Moi, j’ai passé entre les débris et les hommes, avec beaucoup de chance.»
12 h 37, les secours De Angelis se relève difficilement, choqué. Tomizawa, sur lequel Scott Redding a roulé, ne bouge plus. Très vite, il est installé sur une civière: «Les premiers soins ont été apportés sur le bord de la piste, explique le chef médical des GP, le Dr Claudio Macchiagodena. Nous avons tout de suite constaté l’état critique de Tomizawa. Plusieurs réanimations ont été nécessaires. Lorsqu’il est arrivé au centre médical du circuit, son cœur battait encore. Mais les traumatismes étaient très importants au thorax, à l’abdomen et à la tête, avec des hémorragies internes. Nous avons décidé de l’évacuer en ambulance vers un hôpital de Riccione, afin qu’il soit en permanence entre les mains de deux médecins.»
12 h 38, la course continue Parce que, «il n’y avait pas de risques pour les autres pilotes», dixit le directeur de course, Paul Butler, la course continue. Elle se terminera par une nouvelle victoire de Toni Elias et le retour de Thomas Lüthi sur le podium.
13 h 04 , l’attente Partenaire principal de l’équipe d’Alain Bronec, l’industriel vaudois Olivier Métraux est au centre médical: «Shoya est inconscient. Evacuation probable.» Onze minutes plus tard, la situation est jugée «très grave».
13 h 20 , les questions L’ambiance est lourde dans le local des conférences de presse: «C’est un drôle de jour. On ne sait rien, mais tout le monde semble tout étrange. Pourvu qu’il s’en sorte», explique Elias, le vainqueur. A ses côtés, Lüthi peine à trouver ses mots.
14 h 04, la dernière tentative Nouveau SMS: «Le Dr Costa essaie de le sauver.»
14 h 26, Shoya est parti «C’est fini!» La course MotoGP qui se déroule n’intéresse plus grand monde dans le paddock. A l’arrivée, Pedrosa, Lorenzo et Rossi sont mis au courant. Il n’y aura pas de champagne sur le podium. «Shoya, lui qui riait toujours. Et si jeune.» Valentino Rossi n’est pas le moins ému. Thomas Lüthi, lui, s’excuse: «Je ne suis pas dans des conditions suffisantes pour parler.» Et déjà, il est rentré dans son stand, où il pleure maintenant à chaudes larmes. Un peu plus loin, Dominique Aegerter est blême. Muet. Son copain est parti pour toujours.
J.-C. S.





La malédiction japonaise
Les trois derniers accidents mortels survenus dans le cadre des grands prix ont fait trois victimes japonaises:
1er mai 1993, Jerez de la Frontera/Espagne: Noboyuki Wakai, un pilote au style spectaculaire, vient de faire le saut en 250 cm3. Au milieu de la séance d’essais qualificative du samedi après-midi, lorsqu’il quitte son stand, il heurte une personne qui n’avait rien à faire là et qui vient de descendre du muret de signalisation, la tête tournée à contresens par rapport au trafic. Le choc survient à basse vitesse, mais Wakai tape de plein fouet le mur de béton avec sa tête. Il est tué sur le coup.
6 avril 2003, Suzuka (Japon): Champion du monde 250 en 2001, brillant pour ses débuts en 500 en 2002, Daijiro Katoh est l’un des favoris pour le titre MotoGP en 2003. Lors de la première course de la saison, dans son jardin de Suzuka, il est victime d’une chute à un endroit où, normalement, «on ne tombe jamais». Le mur qui borde la piste est proche, Katoh s’y écrase. Maintenu d’abord artificiellement en vie, celui qui portait alors tous les espoirs du Japon de la course est déclaré mort le mercredi suivant.
5 septembre 2010, Misano (Italie): 1er vainqueur de l’histoire de la classe Moto2, Shoya Tomizawa est dans le groupe de tête du GP de Saint-Marin lorsque, au 12e tour, il perd le contrôle de sa machine.
De Angelis ne peut éviter sa moto, Redding roule sur le malheureux Japonais. Traumatisme crânien, enfoncement de la cage thoracique, important traumatisme abdominal, l’équipier de Dominique Aegerter ne survivra pas à ses blessures.
J.-C. S.


mange un castor tu sauves un arbre
   
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