Gloire à Marco Bezzecchi!!!!! C'est au tour d'Aprilia d'être passé au crible
Aprilia débutait la saison en janvier dernier avec un tout nouveau line up composé du nouveau champion du Monde Jorge Martin et de Marco Bezzecchi 3ème du championnat 2023. Un changement pour l’équipe italienne qui voyait la fin d’Aleix Espargaro et de Maverick Vinales qui composait le duo depuis plusieurs saisons (et notamment Espargaro et ses 8 saisons).
On se disait qu’enfin nous allions pouvoir voir ce que l’Aprilia avait dans le ventre, ayant été trop souvent déçus ces dernières saisons. On ne savait pas si le problème venait de la moto( Aprilia étant le constructeur le moins riche de la catégorie) ou si le problème venait des pilotes.
Malheureusement, dès les essais de février, cela commençait mal pour l’équipe italienne avec la blessure de Jorge Martin, puis celle de Raul Fernandez. Le développement de la RSV allait être fait par Marco Bezzecchi qui découvrait également la moto et Ai Ogura, rookie champion du monde Moto2 en titre.
La saison de Jorge Martin n’avait pas commencé qu’elle continuait à mal se passer puisque 2 jours avant de partir en Thailande pour le premier GP, l’espagnol se cassait à nouveau le pied. Ce n’était que le début des problèmes pour Martin.
Rapidement pour le premier GP, Ai Ogura surprenait tout le monde avec une 4ème place en sprint avant de terminer 5ème en course alors que Marco Bezzecchi terminait 6ème. Cette Aprilia, comme très souvent en début de saison était au niveau des meilleures machines.
Marco Bezzecchi allait confirmer avec d’autres places dans le top 10 alors que pendant ce temps, Jorge Martin commençait son petit caprice de star en voulant quitter Aprilia et casser son contrat. Pour aller où, on ne saura pas, mais le champion en titre ne marqua pas des points dans les coeurs des fans de la marque italienne, ni du respect de la part du paddock.
Car lors de son retour au Qatar (peut-être prématuré), Martin chuta et se fit percuter par Fabio Di Giannantonio. A nouveau plusieurs semaines d’absences et une nouvelle grosse blessure pour Martin.
Au final, le champion espagnol n’aura couru que 7 GP dans la saison, son deuxième GP n’étant qu’au mois de Juillet à Brno. Ses résultats ont été plus que corrects avec une 7ème place en Tchéquie, puis une 4ème en Hongrie, ce qui restera sa meilleure performance de la saison. Mais une nouvelle blessure au Japon mettra quasiment fin à sa saison, ne revenant que pour le dernier GP de Valencia pour effectuer un double long lap obtenu au Japon lors du départ quand il percuta son coéquipier.
Avec une 21ème place au championnat et seulement 34 points en 7 GP ( dont 3 abandons), Martin aura vécu une année noire. On attend pour 2026 de revoir le pilote qui a remporté le titre en 2024, qui s’est battu pour remporter la couronne en 2023, l’homme qui pouvait sur un tour débrancher le cerveau et enchainer les pole position, bref, le Jorge Martin qu’on a connu.
Pour Marco Bezzecchi, son rôle de pilote numéro 1 obtenu par défaut ne lui aura pas posé de problème. Avec trois victoires et neuf podiums, trois victoires en sprint et 6 podiums, une troisième place au championnat du monde, on peut dire que la saison est plus que réussie. Avec 16 points en moyenne par GP, 5 pole positions et seulement 3 abandons dans la saison, Bezzecchi a réalisé une excellente saison. Son seul petit passage à vide en début de saison lors des GP du Qatar, d’Espagne et de France ont tout de suite été oublié puisqu’il a remporté la victoire à Silverstone la course suivante (bien aidée par la Yamaha qui a décidé de casser). Dans l’été, Bezzecchi a enchainé les podiums (5 podiums en 7 courses, deux abandons) en étant souvent le seul pilote à réussir à suivre Marc Marquez et pouvoir tenter des actions pour le dépasser. Sur la fin de saison, avec l’absence de Marquez, Bezzecchi était le meilleur pilote du plateau, celui dont on se disait le vendredi “ce week-end, c’est pour Bezzecchi”, ce qui est rare aujourd’hui dans une catégorie aussi serrée.
Dans l’équipe TrackHouse, pour la deuxième saison du team dans la catégorie, les deux pilotes Raul Fernandez et Ai Ogura n’étaient pas spécialement attendus. Ai Ogura, champion du monde Moto2 savait que la moto n’était pas la plus rapide par rapport à la Ducati par exemple. Mais rapidement le japonais a plus que surpris son monde lors du GP inaugural en Thailande. La suite de la saison a été correcte, mais nous avons trop souvent vu un Ogura “anonyme” sans coup d’éclat. Au final, avec une 16ème place au championnat, malgré 4 GP manqués sur blessure, et 89 points (5 pts par GP), Ogura aura réalisé une saison rookie plus que correcte avec 8 tops 10 sur 18 GP et 4 abandons.
Pour Raul Fernandez, nous n’attendions plus grand chose après 3 premières saisons assez catastrophique en MotoGP. L’espagnol n’a pas progressé et son début de saison était toujours très moyen. Lors des 7 premières courses de la saison (soit le premier tiers de la saison), il n’avait qu’un seul top 10, et si on veut être méchant, on pourra dire que c’était au Mans sous des trombes d’eau avec un retard d’1’10” sur le vainqueur. Son avenir dans la catégorie a été plus que remis au cause quand on annonçait Manuel Gonzalez en début d’été. Et sans vraiment savoir pourquoi, à partir du GP du Mugello, Raul Fernandez s’est réveillé. Le pilote qui n’arrivait quasiment jamais à finir dans le top 10 a décidé de ne plus en sortir. Neuf tops 10 en 13 GP sur la deuxième partie de saison dont une première victoire incroyable en Australie après avoir déjà terminé deuxième la veille lors de la course sprint. Peut-être la victoire la plus improbable de la saison (voir des 5 dernières années). Raul Fernandez était dans un état de grâce, au dessus du lot et on sentait que rien ne pouvait lui arriver. Comme quoi… Tout arrive dans le MotoGP. Et comme si cela ne suffisait pas, il a décidé lors de la dernière course de la saison à Valencia de terminer 2ème derrière Bezzecchi pour signer un magnifique doublé pour Aprilia.
Au final, avec 172 pts et une 10ème place au championnat, cela correspond à une 8ème place moyenne à chaque GP. Il est malgré tout une surprise de cette saison tellement nous n’attendions plus rien de sa part.
La marque italienne termine la saison avec 418 points, soit 2ème constructeur de la catégorie derrière Ducati. C’est un petit exploit avec le seul Bezzecchi dans l’équipe officielle et un rookie dans l’équipe satellite. Car difficile de donner du crédit aux résultats de Lorenzo Savadori qui a souvent remplacé Jorge Martin. Avec 13 GP, l’italien n’a marqué que 8 points dont 7 en France sous la pluie… Cela montre une fois de plus qu’il n’est pas facile de courir une course MotoGP et que les remplaçants ne sont pas au niveau des titulaires.