MOTOCYCLISME
Après le roi Biland, ce fut le déluge
29. décembre 2011, 22h28
Jean-Claude Schertenleib | Le Matin
L'homme qui a incarné le side-car dans le monde pleure une discipline aujourd'hui moribonde. Mais il rêve, encore et toujours, de lui offrir une héritière.

La retraite de Biland en 1997 a coïncidé avec le déclin du side-car. La fin d'une époque que le Seelandais aimerait bien faire revivre. © Michel Perret
Sept titres mondiaux, 82 victoires au plus haut échelon, des retombées médiatiques qui font pâlir d'envie ceux qui subviennent désormais aux exploits de Thomas Lüthi et de Dominique Aegerter: c'était Rolf Biland, roi incontesté d'une discipline qui plaisait. Qui faisait, aussi, fonctionner la machine à fabriquer les billets. Que reste-t-il de tout cela? Un titre mondial gagné ces deux dernières saisons par un pilote finlandais, engagé par son propre passager: Adolf Hänni, un Thounois de 56 ans. «Il y a quelques semaines, j'ai pu rouler avec son attelage et je peux vous dire que la fascination est restée, que l'adrénaline est toujours là, que ce véhicule hybride, à moitié moto et à moitié voiture de course, reste magique. Le problème, aujourd'hui, c'est qu'il n'existe plus une véritable scène sur laquelle les side-caristes peuvent s'exprimer devant du public, puisque leurs courses, à quelques exceptions près - celles qui se déroulent dans le cadre du Bol d'or et du GP d'Allemagne -, se font dans une totale intimité.» Rolf Biland sait mieux que quiconque qu'à sa retraite, le 26 octobre 1997, un monde a changé, celui qui avait été le sien pendant plus de vingt ans.
Le problème financier
Après le roi Biland, le déluge: «Nous étions quatre grands - Biland, le Britannique Steve Webster, le Français Alain Michel et le Néerlandais Eggbert Streuer - à vivre des sponsors. Les autres avaient besoin du prize money qui était alors payé par les organisateurs, via la Fédération internationale. Cela suffisait pour proposer un peloton qui avait de l'allure et des courses spectaculaires. A la même période, les GP sont entrés dans une nouvelle ère, celle où il fallait offrir un show plus court, pour que les diffuseurs de télévision y soient intéressés. Des catégories ont donc été petit à petit supprimées et quand la Fédération internationale a compris que l'argent qu'elle donnait pour les side-cars pouvait très bien rester dans ses poches, ce fut le début de la fin.»
Le championnat du monde allait devenir Coupe du monde, puis ses courses éparpillées dans différentes compétitions: «La question est simple: comment rendre la discipline de nouveau attractive? J'adore Adolf Hänni, son engagement est unique, exemplaire, mais un gars de plus de 50 ans qui monte sur un podium, avouez que ce n'est pas un très bon exemple. Chaque discipline a besoin d'un héros.» En side-cars, pendant plus de vingt ans, ce fut Rolf Biland.