On ne va pas en finir avec qui a tord ou raison dans cette histoire mais l'avis de MJ n'est pas dénué d’intérêt.
Une justice à deux vitesses ?
Par
Thiebs, le 15 mai 2011
Du fond de mon canapé,
les instances dirigeantes du MotoGP m’ont sérieusement agacé ce week-end au Grand Prix de France en s’amusant à singer celles de la F1…
Lorsque
Casey Stoner décoche un pain dans l’épaule de Randy de Puniet à la suite d’une manœuvre involontairement gênante du français au warm-up, on colle à l’Australien une amende (honorable ?) de 5.000 $, soit 3 540 € au cours du jour. Autant dire
une prune à 10 centimes pour un smicard… Une sanction d’un “extrême sévérité” à même d’entamer le moral comme l’honneur de Stoner, et par là même de ruiner la suite de sa saison. J’abuse, mais à peine…
Mais lorsqu’en course
Marco Simoncelli tente – et réussit – un dépassement à l’extérieur sur Dani Pedrosa, on sanctionne l’action virile de l’Italien par un «
ride trough », un passage obligé dans voie des stands. Et ça,
c’est vraiment sévère, avec une incidence directe sur le résultat sportif ou l’issue d’un championnat. Je laisse les commissaires techniques et sportifs face à leurs responsabilités, jugeant Simoncelli responsable “d’avoir osé” et Pedrosa victime “d’avoir résisté”, mais je ressens comme un goût d’injustice. Ou plutôt là aussi d’
une justice à deux vitesses selon le statut de “l’agresseur” ou de la “victime”.
Combien de fois durant le week-end du Grand Prix de France au Mans les spectateurs ont pu admirer dans chacune des catégories
des passes d’armes saignantes, des fautes de pilotage entraînant parfois la chute du dépasseur ou du dépassé, voire des deux ? Le tout sans que l’on n’y trouve rien à redire. Et n’il y a effectivement rien à redire.
C’est la course moto et c’est aussi pour cela qu’on l’aime ! C’est aussi pour cela que le public se déplace en masse sur les circuits, pour le spectacle, pour la bagarre, pour les choses que l’on aimerait bien faire si l’on en avait le cran ou le talent.
En revanche, dès que l’on touche à l’une des icônes, l’un des «
Fab’ Four » (les 4 fabuleux : Stoner, Lorenzo, Pedrosa, Rossi), l’affaire prend vite une autre tournure… À moins qu’ils ne s’embrouillent entre eux ! Si Marco Simoncelli mérite une sanction pour
ce qui n’est qu’un fait de course sur Pedrosa (le fait que se dernier se casse la clavicule en chutant n’y change rien, Ndr), alors Rossi en mérite une également une lorsqu’il fauche Stoner au GP d’Espagne à Jerez !
En conclusion, j’élève juste le débat en citant le
philosophe Maurice Clavel, lors d’un célèbre débat télévisé (« A Armes égales », 1971), en quittant le plateau sur un coup de gueule : «
Messieurs les censeurs, bonsoir ! »
Thiebs,
du fond de son canapé
L’accrochage Pedrosa / Simoncelli au 18e tour du Grand Prix de France au Mans…
(Photo : Dorna/MotoGP.com ©)