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Re : Porto met un terme à sa carrière -
07/07/2006, 17h01
Jeune retraité du mondial 250cc, après treize saisons disputées, Sebastian Porto découvre désormais la vie de l'autre côté du muret.
L'Argentin, simple spectateur à Barcelone quelques heures après avoir annoncé la fin de sa carrière, confiait ainsi ne s'être jamais retrouvé dans cette position.
Depuis, Sebas profite de vacances méritées, en Europe. Il rentrera ensuite en Argentine où il suivra l'évolution du team ‘Honda Sebastian Porto' engagé dans le championnat national.
La pression retombée, Porto est revenu plus en détail sur sa décision. « Je ne l'ai pas prise du jour au lendemain. Cela faisait quelques semaines que j'y pensais. Aujourd'hui, si j'étais sur la moto, je ne prendrais pas autant de plaisir qu'avant. »
Comment es-tu arrivé à cette décision ?
« Je ne sais plus exactement comment l'idée est venue, mais ce fut plus ou moins après la course en France. J'ai d'abord commencé à me demander combien de temps encore j'allais continuer. Il y a eu une accumulation de choses, peut-être que les mauvais résultats ont été la goutte qui a fait déborder le vase. Tous les sacrifices que j'ai faits, toutes les années passées loin de mon pays et de ma famille, mon adolescence ‘perdue'... tout cela finit pas peser. Finalement, ce qui m'a fait dire stop, c'est que je ne m'amusais plus sur la moto. Si j'avais dû continuer dans ces conditions, j'aurais dû me forcer et, à ce niveau, tu ne peux pas te permettre de ne pas être à 100%. »
Comment ta famille a accueilli ta décision ?
« Avant de lui dire quoi que ce soit, j'ai parlé avec mon manager Paco Sanchez et Alberto Puig. J'ai toujours été très proche de ma famille, ils ont toujours été au courant de tout et je dois dire que, malgré tout, mes parents ne sont jamais intervenus dans mes décisions. Quand l'idée a commencé à me tarauder, je leur en ai parlé et ils m'ont dit de bien y réfléchir, de ne pas prendre une décision à chaud. J'ai pris deux ou trois semaines de réflexion, je suis parti faire le point en Argentine après le Mugello. Là, j'ai pris ma décision et je leur ai annoncé par téléphone. »
Que t'as dit Alberto Puig ?
« Qu'il comprenait en partie ma décision mais pensait que j'étais encore jeune et avec des possibilités. Il m'a clairement dit qu'il respectait mon choix. Je tiens d'ailleurs à le remercier, ainsi que Honda et Repsol YPF, du soutien qu'ils m'ont apporté. Je leur suis très reconnaissant et je répète, une nouvelle fois, que j'ai connu cette année la meilleure équipe de ma carrière. »
Tu vas bientôt rentrer en Argentine, que vas-tu dire aux milliers d'Argentins qui se demandent ce qui se passe ?
« Ce fut en effet une nouvelle très forte dans mon pays parce que j'ai longtemps été le seul pilote national à disputer un championnat du monde. 90% des gens comprennent ma décision et me soutiennent. Il en reste, bien évidemment, qui ne comprennent pas bien parce qu'ils ne connaissent pas le milieu de la compétition, les voyages, la fatigue et le reste. Tout ce que je peux dire c'est que ce fut une décision personnelle et j'espère qu'ils sauront la respecter. »
Dix ans en championnat du monde, un titre de vice-champion, 7 victoires et 19 podiums, 11 meilleurs tours... Quel est ton meilleur souvenir ?
« J'ai eu beaucoup de très bons moments, ainsi que de difficiles. Je ne peux pas en isoler un. Chaque victoire est un souvenir spécial mais tu n'as jamais vraiment le temps de la savourer. Il faut sans cesse penser à la course suivante. C'est un milieu très exigeant et je pense que je commencerai à réaliser tout ce que j'ai achevé dans quelque temps. Je retiens néanmoins mes deux victoires consécutives à Assen. Avoir gagné sur un circuit aussi mythique restera comme l'un des moments les plus heureux de ma carrière. »
Ton pire souvenir ?
« La saison 98. J'étais sur le point de renoncer à cause du manque de résultats et parce que les personnes qui m'entouraient, à cette époque, me disaient que ma carrière était terminée. Nous étions alors à la fin du mois de janvier, avec les essais IRTA qui approchaient, et je n'avais ni moto ni équipe. Comme par miracle, l'équipe italienne Edo Racing a débarqué et j'ai pu rester en mondial. »
Tu as affronté beaucoup de pilotes au cours de ta carrière, lequel a le plus attiré ton attention ?
« Je dirais Dani Pedrosa, du fait qu'il a été mon adversaire le plus redoutable. Ce fut un rival très difficile pour tout le monde ces deux dernières années. J'ai montré à plusieurs reprises pouvoir être plus rapide que lui, je l'ai battu plusieurs fois, mais il s'est avéré extrêmement constant et très régulier. Je crois que peu de pilotes réunissent toutes ces qualités. Certains peuvent être rapides en qualification, d'autres en course, mais il faut être constant, ne pas faire d'erreur, être fort mentalement... je crois que Dani a tout ça. A l'heure actuelle, je crois que lui et Valentino Rossi sont les deux pilotes qui sortent du lot. »
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